Les perspectives davenir du Canada : réaliser le progrès
Notes dallocution
Honorable Michael D. Chong,
Président du Conseil privé de la Reine pour le Canada
ministre des Affaires intergouvernementales
ministre des Sports
Lallocution prononcée fait foi
Introduction
Je remercie les organisateurs de mavoir invité à cette rencontre importante. À titre de ministre de la Couronne et de citoyen, cest un honneur de participer à cette conférence et davoir loccasion daborder la question du progrès dans le contexte canadien.
Je sais que la conférence de cette année réunit bon nombre détudiants signe que le thème choisi est très à propos.
Inculquer aux jeunes le sens civique est un noble objectif une démarche importante pour notre progrès collectif. Je me réjouis du fait que madame Martha Rogers, directrice de lenseignement pour la lUpper Grand District School Board, ait pu se joindre à nous pour cette discussion de grande valeur.
Chacun de mes coéquipiers parlera des éléments clés du progrès dans le monde daujourdhui :
- la vigueur de léconomie et la capacité de concurrencer;
- le pouvoir de sadapter et de souvrir aux autres dans notre quête de réussite;
- la croissance durable pour offrir des possibilités aux générations futures.
Nous sommes engagés dans un dialogue primordial sur lavenir de notre pays ce qui est une bonne chose.
Le progrès pour le Canada dans XXIe siècle
À presque tous les égards, le Canada fait bonne figure quant aux progrès réalisés sur les plans social et économique.
Les Canadiens profitent aujourdhui des avantages de la prospérité économique : une économie stable et croissante, de faibles taux dintérêt et des niveaux de chômage peu élevés.
Le Canada est considéré comme un leader économique parmi les pays du G7. Il est celui dont la dette nette est la moins élevée, et lOCDE estime quil sera le seul gouvernement du G7 à afficher un excédent budgétaire en 2006 et 2007.
Sur le plan social, le Canada a fait des progrès considérables depuis la Seconde Guerre mondiale. Il sest doté dun système de soins de santé public et dun régime de pension, et a privilégié une approche de la citoyenneté qui fait place à la diversité. Comme pays, nous croyons à la nécessité de tendre la main à ceux qui ont besoin de notre aide partout dans le monde.
Je pourrais vous parler plus longtemps de nos réussites, mais je vous recommande plutôt le livre de John Ibbitson intitulé The Polite Revolution , dont les 12 premières pages font amplement état de nos succès en tant que nation. Je me contenterai de dire que nous avons de nombreuses raisons dêtre fiers.
Si la barre du progrès futur est si haute, cest peut-être dû à tout ce que nous avons réalisé dans la brève histoire de notre pays.
À mon avis, une simple définition du progrès est davoir dans lavenir une meilleure société que celle que nous avons daujourdhui. Pour une nation, cela signifie léguer à nos petits enfants un monde plus propre, plus sécuritaire et plus prospère et, de ce fait, une meilleure qualité de vie que celui dont nous avons hérité.
Où allons-nous avec ce que nous avons acquis? Quels défis devons-nous relever pour passer dun pays prospère à un pays encore plus prospère dans les années futures?
Pour un instant, jaimerais mettre de côté les relations fédérales-provinciales-territoriales et laisser le sport aux athlètes afin daborder une réalité canadienne qui me frappe chaque fois que je me rends à Ottawa à partir de ma ferme à Fergus en passant par Toronto. Il sagit du défi que pose lévolution rapide de nos collectivités.
La croissance et lurbanisation du Canada daujourdhui
À plusieurs égards, les générations qui nous ont précédés auraient peine à reconnaître le Canada tel quil existe de nos jours. En 1921, 49 pour 100 des Canadiens vivaient en zone urbaine par rapport à 80 pour 100 en 2001, selon les recensements des deux époques.
La croissance économique vigoureuse dans les centres urbains transforme nos paysages et nos vies.
Lorsque je me déplace entre laéroport Pearson et ma ferme, japerçois un microcosme de cette réalité canadienne. Je vois le dynamisme du plus grand centre urbain du pays et la prolifération de ses banlieues. Je remarque toute lactivité et linfrastructure qui sont le moteur de notre économie. Je constate la transformation en subdivisions des collectivités rurales qui, autrefois, étaient le centre agricole de lOntario.
Je ne suis pas le seul à réfléchir aux défis et aux possibilités que tout cela suppose.
Nos collectivités en mutation et les défis connexes font de plus en plus lobjet déditoriaux, darticles de journal, de livres, de symposiums et de rapports publics. Cette question imprègne toute discussion sur la productivité, lenvironnement, la santé, la politique dimmigration, la qualité de vie et lattrait du Canada pour les investisseurs et les grandes entreprises.
La plupart de gens conviendraient que pour réaliser des progrès dans lavenir, pour bâtir une société meilleure, nous devons dès maintenant assurer la viabilité de nos collectivités :
- dune façon durable sur le plan de lenvironnement;
- au moyen dune infrastructure économiquement durable;
- de manière à accroître notre productivité.
Permettez-moi délaborer sur chacun de ces trois points, en commençant par lenvironnement.
Nous sommes tous conscients du lien intrinsèque entre lenvironnement et la santé de nos collectivités.
Comme le démontrent des décennies de recherche, les bassins hydrographiques et leur pouvoir regénératif, les puits de carbone créés par les régions agricoles et sauvages, ainsi quune foule dautres processus naturels à lextérieur des zones urbaines sont essentiels à la qualité de lair, de leau et des habitats.
Le débat sur lenvironnement fait ressortir une chose : Kyoto nest ni le problème ni la solution. On doit plutôt sattarder aux pratiques de croissance qui entraînent des habitudes de consommation nuisibles à lenvironnement. Cela signifie que le problème et donc la solution est beaucoup plus près de nous.
À titre de citoyens, nous devrions encourager tous nos élus municipaux, provinciaux et fédéraux à faire de lenvironnement un élément clé dans leur planification et leurs plans de dépenses. Au nom du gouvernement du Canada, je peux vous assurer que cette question nous tient à coeur.
Déjà, notre gouvernement a posé des gestes importants en proposant des mesures efficaces et rigoureuses pour améliorer létat de notre environnement :
- nous avons annoncé un nouveau crédit dimpôt pour encourager le recours au transport en commun;
- nous avons mis en place une exemption dimpôt pour les dons de terres écosensibles;
- nous avons entrepris la rédaction dun projet de loi pour combattre la pollution qui empoisonne nos villes;
- dici 2010, nous exigerons une proportion moyenne de 5 pour 100 de combustible renouvelable dans lessence et le carburant diesel.
De plus, à lautomne, la ministre de lEnvironnement présentera le nouveau plan du gouvernement en matière denvironnement qui constituera, je crois, une agréable surprise.
Noublions pas que nous avons aussi la responsabilité collective dagir sur le plan individuel. Certes, la majorité dentre nous pratique le recyclage. Certains prennent peut-être dautres mesures pour préserver lenvironnement. Mais il faut se mettre au défi de faire encore plus, dès maintenant. Nous devons commencer par nettoyer notre propre cour, au sens propre comme au sens figuré.
Infrastructure
Jaimerais maintenant discuter de limportance davoir une infrastructure financièrement viable pour progresser en tant que nation.
Tous les ordres de gouvernement sont constamment poussés à préparer leurs budgets en ayant des projets dinfrastructure comme priorités. Par exemple, les municipalités ont le défi de maintenir les dépenses dinfrastructure tout en investissant dans la prestation dautres services essentiels au maintien de notre qualité de vie.
Le coût dentretien des routes, des égouts, des ponts, du transport en commun, des ports, des usines de traitement deau et de toutes les infrastructures publiques dites ´ matérielles ª fait concurrence à linvestissement dans, par exemple, les terrains de soccer, lenseignement, les musées et les initiatives de santé communautaire.
Pour répondre à tous ces besoins à mesure quils saccroissent, les municipalités peuvent augmenter limpôt foncier (mais tentent déviter de le faire) ou réclamer davantage de financement des autres ordres de gouvernement. Cest alors aux provinces et aux territoires, ou au gouvernement du Canada de décider sils vont réduire leurs propres programmes ou augmenter les impôts.
Peu importe qui perçoit combien auprès de qui : il ny a quune assiette fiscale, et cest nous tous qui devons payer pour linfrastructure.
Le gouvernement du Canada a la conviction quil a un rôle important à jouer pour que le pays dispose dun système dinfrastructures solide capable de soutenir les échanges et le commerce. À preuve, nous avons annoncé un investissement de 16,5 milliards de dollars dans linfrastructure pour les quatre prochaines années.
De surcroît, notre gouvernement sest engagé à rendre le financement fédéral plus prévisible et à loffrir davantage à long terme, et il a fait de cette question une partie intégrante des discussions sur léquilibre fiscal avec les provinces et les territoires.
Cela dit, en tant que citoyens, il est important de se rappeler que les sommes qui peuvent être consacrées à ce domaine ne sont pas infinies. Cest pourquoi il est si important de se doter dune infrastructure viable sur le plan économique.
Le week-end dernier, le Globe and Mail a publié une lettre ouverte de larchitecte Jack Diamond . Peut-être lavez-vous lue.
Dans le cadre dune discussion sur les dimensions économiques des nouveaux quartiers à faible densité, il a fait référence à une étude réalisée dans le sud-ouest de lOntario. Celle-ci révèle que pour chaque dollar provenant dun bien immobilier, 1,40 dollar est nécessaire pour y fournir des services. Vous conviendrez que lorsque nous disons vouloir laisser un héritage à nos enfants, nous ne parlons pas de déficits institutionnalisés.
Si nous négligeons de bâtir une infrastructure économiquement viable, il en résultera de nouveaux besoins, une augmentation des impôts ou un déclin de la qualité de vie. Aucun de ces scénarios nest bon pour améliorer la productivité, stimuler lingéniosité et attirer les entreprises de façon à gonfler les revenus et assumer le coût du progrès.
La productivité
Jai montré limportance davoir une croissance viable sur le plan environnemental et économique. Jaimerais maintenant aborder un dernier point, soit la nécessité de veiller à ce quà mesure quelles se développent, nos collectivités favorisent une meilleure productivité. Nous pourrons ainsi financer les progrès futurs et faire en sorte que les familles canadiennes puissent continuer de vivre dans la prospérité.
Dans le futur, pour continuer de bénéficier des services, des installations et de la sécurité dont nous jouissons aujourdhui, il nous faudra augmenter notre production par habitant. Pour être concurrentiels à léchelle mondiale, il nous faut convaincre les investisseurs et les acheteurs que le Canada est un marché qui fera fructifier leur argent.
Je conviens que la productivité est une question aux nombreuses facettes qui exige des initiatives à plusieurs niveaux. Il sagit également dun domaine de spécialité de mes collègues, alors je ne prétends pas avoir personnellement la solution ultime. Ce que je peux dire, par contre, cest quil y a certaines choses critiques que le gouvernement du Canada fait déjà pour renforcer notre économie.
Au cours des dernières années, la communauté daffaires a exprimé des préoccupations à leffet que les taxes et les dépenses du gouvernement limitent notre développement économique. Cest pourquoi le gouvernement actuel a pour priorité de freiner laugmentation de ses dépenses et doffrir des programmes de manière responsable.
Nous avons aussi apporté des allégements fiscaux tant pour les Canadiens que pour les entreprises. Notre premier budget proposait plus de réductions dimpôt des particuliers que les quatre budgets précédents combinés.
Nous continuons dessayer déliminer les obstacles à la mobilité et au commerce au Canada, les barrières à lemploi pour les immigrants et les entraves aux marchés financiers efficients.
Le ministre des Finances explore divers moyens dharmoniser les régimes fiscaux au Canada afin de réduire les coûts dobservation pour les contribuables et les frais dadministration pour les entreprises et les gouvernements.
En ce qui concerne le capital humain et la compétitivité, nous reconnaissons, comme le reste du monde, quune main-doeuvre qualifiée est cruciale pour que léconomie canadienne soit forte.
Nous devons faire tout en notre pouvoir pour avoir un système déducation qui forme des travailleurs compétents, instruits et polyvalents. Pour les jeunes Canadiens, avoir une bonne éducation est la clé du succès, et nous voulons nous assurer davoir une population active qui est prête à travailler avec ardeur et à prendre les devants.
Notre gouvernement reconnaît limportance que les Canadiens fassent des études postsecondaires et a prévu 370 millions de dollars de nouveaux investissements dans le Budget 2006 pour faciliter laccès aux collèges et universités et y encourager lexcellence.
La question est maintenant de savoir si, vu lévolution de nos collectivités, il est possible daméliorer notre productivité.
Se pourrait-il quil y ait un fond de vérité à notre croyance selon laquelle la productivité est tributaire de la densité de population?
Dans une région particulièrement peuplée, les gens habiteraient-ils plus près de leur lieu de travail, ce qui réduirait le temps de transport et augmenterait le temps consacré aux loisirs?
Est-ce quen ayant davantage de temps libre la population serait plus heureuse et en meilleure santé?
Des gens plus heureux et en meilleure santé seraient-ils plus productifs et créatifs?
En un mot, pourrions-nous rapidement, et dun seul coup, protéger lenvironnement, économiser sur le plan de linfrastructure et améliorer la productivité en augmentant la densité des nouveaux développements domiciliaires?
Ce sont là les questions qui me viennent à lesprit pendant mes propres déplacements, et je constate par mes lectures que dautres ont la même réflexion. Peut-être sagit-il dun bon sujet de discussion pour une autre occasion.
Maintenant, question de synthétiser toutes ces idées...
Je crois quil est clair que le gouvernement fédéral actuel a aligné ses priorités de façon à ce que les familles et les entreprises canadiennes puissent améliorer leur situation. Nous déployons des efforts pour que les nouveaux immigrants et les jeunes puissent contribuer au renforcement de la main-doeuvre. Nous veillons à ce que le système dinfrastructures soit financé de façon à maximiser les échanges et le commerce. Nous avons réduit les taxes pour tout le monde. Et nous sommes en train de concevoir un plan environnemental ingénieux pour le Canada.
Il ne faut toutefois pas oublier que les gouvernements ne sont pas les seuls protagonistes. En effet, chacun dentre nous, en tant que personne, est responsable de lavenir de nos collectivités.
Il faut absolument se rappeler que nos décisions personnelles influent sur lavenir, que leur portée est bien plus vaste, par exemple, que la durée de notre emploi actuel.
Je me rends bien compte que si on ma invité à vous parler aujourdhui, cest parce que je suis membre du Cabinet. Toutefois, ce qui ma incité à venir est loccasion de mexprimer en tant quhabitant du pays et en tant que père et citoyen au sujet dune dure réalité qui a le potentiel de nous faire découvrir de nouveaux sommets de qualité de vie ou de faire lentement basculer notre société telle que nous la connaissons.
Essentiellement en ce qui concerne nos villes, notre environnement, le coût de notre infrastructure et la croissance de la productivité je tenais à vous dire que nos actions individuelles sont toutes des composantes du progrès. Que nous conduisions une voiture écologique, que nous écrivions une lettre ouverte ou que nous dépensions des milliards de dollars, nos gestes sont indissociables de la société. Dès que nous embrasserons cette réalité, nous embrasserons le progrès.
Je vous remercie.
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